Fraserburgh
Point le plus à l'est de notre périple, Fraserburgh, possède, juste au nord de son port (premier d'Europe pour les crustacés), un phare : Kinnaird head.
Ce n'est pas le plus haut, ni le plus isolé, ni le plus romantique. Mais il possède à nos yeux plusieurs qualités : il a été construit sur, puis dans un château (de 1572), il est le premier des phares des côtes écossaises à avoir été mis en service (1787), et surtout, il se visite.
L'ingénieur Thomas Smith a construit le phare sur le château. En 1827, son gendre Robert Stevenson prévoyait de démolir le château. Walter Scott, entre autres, l'en dissuada. Il construisit donc la nouvelle version du phare dans le château, ce qui donne ce curieux assemblage.
Soixante-quinze marches permettent d'atteindre la lanterne. De là on domine sans peine le remplaçant du glorieux ancien, un phare automatisé qui l'a remplacé en 1991. On aperçoit aussi, au fond, le signal de brume qui mugissait durant sept secondes toutes les 75 secondes par temps de brume.
Jusqu'en 1978, la lumière était fournie au centre de la lentille de Fresnel (installée en 1902) par une lampe à paraffine.
La paraffine, stockée au bas de la tour, dans ce qui était le grand hall du château était montée à bras d'homme, deux gros arrosoirs par nuit.
Après s'être ainsi musclé les jambes, le gardien de service se musclait les bras.
En effet, le mouvement de la lanterne (4 tonnes reposant sur 12 rouleaux coniques, on la met en route d'une poussée de la main) était assuré par la descente au centre de la cage d'escalier d'un poids de 30 kilos.
Qu'il fallait bien sûr remonter, toutes les demi-heures : 74 tours de manivelle, deux minutes d'effort intense.
En sa qualité de doyen, Kinnaird head, aujourd'hui retraité s'est vu adjoindre un bâtiment qui abrite le musée des Scottish Lighhouses.
Dont voici la carte...




