Avignon
Pour découvrir la Cité des Papes™, nous avons établi notre camp de base sur l'île de la Barthelasse, face aux remparts.
De là, une navette fluviale (gratuite, et qui accepte les vélos) dépose au pied du Rocher des Doms.
Avant de pénétrer dans la ville, un tour des remparts, en pédalant. Mine de rien, cinq bornes !
Puis (excellent) déjeuner face au Théâtre. A partir de là, on s'estime prêts.
Prêts pour le gros morceau : le palais des Papes. Vue en contre-plongée, depuis la place du Palais, la bâtisse impressionne (encore plus si vous cliquez sur l'image pour la voir en grand).
Porte des Champeaux, contrôles de sécurité renforcés, et nous voici dans la place. A ce stade, il nous aurait fallu étudier l'image ci-dessous, afin d'avoir des repères. Mais nous ne l'avons trouvée que plus tard dans la visite.
Et du coup, il faut avouer que nous avons eu un peu de mal à trouver le fil reliant entre elles les parties - palais vieux, palais neuf - successivement visitées lors de la double boucle par niveaux.
D'autant qu'une expo, certes superbe (Les éclaireurs, œuvres de la Fondation Blachère) compliquait un peu les choses.
Bref, entrons. Dans la cour d'honneur (palais neuf), la fenêtre des Indulgences, d'où le Pape octroyait sa triple bénédiction.
Et un échafaudage de gradins, qui casse un peu l'ambiance XIVe : le Festival, 71e du nom, approche.
Parenthèse : pour nous, le Festival d'Avignon, c'est à tout jamais deux noms : Jean Vilar, son créateur, et Gérard Philipe, Prince de Hombourg ou éternel Don Rodrigue, que chante ici Esther Ofarim...
Refermons la parenthèse et passons dans le palais vieux, avec le cloître Benoît XII et la Tour de la Campane (la statue appartient à l'expo évoquée plus haut).
Au bout de la salle du Grand-Tinel (salle des conclaves, mais aussi des banquets), la tour de la cuisine, et sa hotte de 18 m de haut, rien que ça.
Il faut ce qu'il faut, puisque selon le Routard, pour le casse-croûte suivant l'élection de Clément VI, " on y prépara 118 bœufs, 1023 moutons, 60 porcs, 1195 oies, 1500 chapons, 5428 poulets... et 50 000 tartes. "
Attenante au Grand-Tinel, la tour des chapelles en compte deux (St Martial et St Jean), superposées et merveilleusement décorées.
Superposées également : la salle de la Grande Audience supporte grâce à sa rangée de piliers centraux la Grande Chapelle, de même dimension.
Le portail de celle-ci, en haut du grand escalier d'honneur, est le plus grand ensemble sculpté du palais.
Après avoir descendu ce grand escalier, et traversé l'inévitable boutique de souvenirs, nous nous sommes retrouvés dans une ruelle. Conséquence de l'absence de repères évoquée plus haut, il a fallu chercher un peu pour retrouver la place du palais.
S'il fallait choisir un mot, un seul, pour conclure, pour traduire l'impression que nous a laissé cette (trop rapide) visite ? Opulence...
Jour 2
Impossible, au cours d'une visite d'Avignon digne de ce nom, de faire l'impasse sur le fameux pont et d'échapper à la ritournelle...
Le pont se nomme en fait Saint-Bénézet, du nom du petit berger de Burzet qui, âgé de douze ans, entendit une voix divine lui enjoignant de descendre vite fait de son Haut-Vivarais natal pour aller convaincre les Avignonnais de construire un pont sur le Rhône.
Qu'on l'observe d'amont, d'aval ou de haut, l'édifice, ou plutôt les quatres arches qui subsistent, n'impressionne guère.
Fort heureusement, une reconstitution numérique fort bien faite nous montre à quoi ressemblait l'édifice vers 1550.
Grâce à l'audioguide et aux salles multimédia, on apprend, en plus de la légende de Saint-Bénézet évoquée plus haut, une foultitude de choses très intéressantes :
Sur le pont lui-même, sa construction, sa structure, les raisons de ses effondrements successifs.
Sur son importance politique : il enjambait le Rhône, frontière entre l'état pontifical et le royaume de France.
Sur son importance économique : seul pont sur le Rhône en aval de Lyon, il permettait de taxer la circulation des marchandises montantes ou avalantes sur le fleuve, et de celles transitant par le pont. Jackpot.
L'audioguide, qui précise qu'on dansait en fait sous le pont, donc sur l'île de la Barthelasse (fort pourvue en guinguettes) permet d'écouter de multiples versions de la célèbre chanson, notamment reggae et country.
Je préfère vous proposer la version Brassens, dans le deuxième couplet de La route aux quatre chansons... Attention : archive !
En quittant le pont, nous pensions pouvoir monter par le rempart vers le rocher des Doms. Ça ne passe pas. Crochet par la ville, donc, pour accéder à l'éperon rocheux, agréable jardin public et véritable balcon au-dessus du Rhône.
De là, on aperçoit parfaitement la tour Philippe le Bel, extrémité du pont d'alors et porte d'entrée du royaume de France.
Dans le jardin, un bassin, avec des canards, un balcon d'orientation, et même un cadran solaire.
Le Routard nous apprend qu'il est analemmatique, c'est à dire que l'heure est indiquée par notre propre ombre, pour peu que l'on mette les pieds au bon endroit.
Et qu'un nuage farceur ne vienne pas justement masquer le soleil, ce qui s'est évidemment produit.
En redescendant, halte à la cathédrale de N-D des Doms, le plus vieil édifice religieux de la ville (XIIe s.)
Courte visite en images, en notant la présence de deux orgues. L'un, doré, restauré et déplacé plusieurs fois, est désormais au-dessus du trône pontifical en marbre blanc quasiment en face de l'orgue de chœur signé Charles Mutin.
Après un casse-croûte rue des Teinturiers, où quelques roues à aubes fatiguées trempent encore dans la Sorgue, après-midi musées.
Démarrage un peu plan-plan avec le musée Angladon, hôtel particulier des héritiers du couturier-collectionneur Jacques Doucet.
Affiche alléchante, beaucoup de grands noms, déception en rapport : peu de grandes œuvres. Nous avons cherché en vain les Demoiselles d'Avignon, avant d'apprendre que, vendues, elles étaient désormais à New-York.
Le premier étage propose un authentique intérieur d'amateurs d'art. Ouep, bof...
Fort heureusement, l'expo temporaire de l'année, au dernier étage, était consacrée à Raoul Dufy. Et là, nous nous sommes régalés.
Changement de style ensuite. Hôtel de Caumont, collection perso d'art contemporain du galeriste parisien Yvon Lambert, avec, dans la cour, une représentation du plus célèbre coup de boule de l'histoire du football.
Expo consacrée essentiellement à Robert Combas.
Le Matelot connaissait un peu, je découvrais, mais nous avons été tous les deux... comment dire... bousculés jusqu'à l'ébahissement par les œuvres géantes, picaresques, aux légendes incongrues et/ou poétiques du peintre-rocker sétois. A voir...
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