Gargilesse
A une dizaine de kilomètres d'Eguzon, la Creuse qui sinue paresseusement en direction du nord reçoit sur sa droite la Gargilesse. Le village éponyme est un petit bijou niché au-dessus du confluent. En y arrivant, on ne peut manquer d'apercevoir le château.
De la construction actuelle, seule l'entrée évoque la puissante forteresse édifiée et renforcée entre le VIIIe et le Xe siècle. La chapelle romane attenante au château fut construite par Hugues de Naillac au XIIe pour abriter une Vierge byzantine ramenée de croisade.
Le château féodal vécut à peu près tranquille sa vie de robuste château féodal jusqu'à ce que son propriétaire du moment, un certain René du Bost du Breuil choisisse le camp de la Fronde. Mauvaise pioche : un détachement de l'armée de Turenne assiégea Gargilesse, le conquit, l'incendia et le démantela.
Un siècle plus tard fut construite sur les ruines la partie manoir de style XVIIIe que nous pouvons voir aujourd'hui, accolée aux tours de l'entrée.
Après d'autres vicissitudes, le château a été sauvé de la ruine et restauré par des particuliers passionnés. Il est aujourd'hui la propriété d'une artiste peintre, qui a eu la bonne idée d'y installer une galerie d'art. Laquelle expose justement quatre peintres de la vallée de la Creuse. Pile poil dans notre thème de la semaine, donc.
En attendant l'ouverture du portail, nous sommes descendus jusqu'à la maison de George Sand, deux cent mètres plus bas. Difficile à trouver, au fond d'une petite impasse, une minuscule maisonnette de quatre petites pièces, bâtie au-dessus du four communal.
L'histoire raconte que George et Alexandre Manceau, son dernier compagnon, chassaient les papillons sur les bords de la Creuse un beau soir de juin 1857...
Lorsqu'ils découvrirent Gargilesse dans le soleil couchant, ce fut le coup de foudre immédiat. George souhaita derechef y acquérir une maison, Alexandre devança l'appel de sa belle et pour huit cents francs-or devint propriétaire de la maisonnette, baptisée Villa Algira, du nom d'un papillon originaire d'Afrique.
Quelques belles planches de papillons sont d'ailleurs présentées au cours de la visite, parmi un bric à brac de souvenirs, certains provenant de Nohant, rassemblés ici par Christiane Sand.
Mais il est temps maintenant de remonter au château...
Les peintres actuellement exposés ici sont vraiment les régionaux de l'étape.
Anders Österlind est certes suédois par son père Allan - que nous avons croisé au château d'Ars - mais il est né à Lépaud, en Creuse.
Henri Jamet habitait en face du château.
Léon Detroy avait son atelier un peu plus haut dans la rue. C'est actuellement une galerie d'art.
Enfin Marcel Coucy venu de Montmartre, avait épousé la mère Chamblant, patronne de l'hôtel des Artistes, sis à cent mètres de là...

















